Thérapie cognitivo-comportementale (2e partie)
Les auteurs d’une étude pour une thérapie cognitivo-comportementale en cours à l’Hôpital Hôtel-Dieu à Paris nient de manière maladroite la possibilité de diminutions fonctionnelles provoquées par l’exposition aux rayonnements, démontrée au-delà de tout doute raisonnable par des milliers de documents. Comme beaucoup avant eux, Victor Pitron et ses collègues ne distinguent pas les sujets phobiques aux ondes, les sujets souffrant de symptômes médicalement inexpliqués qui les attribuent aux ondes, des personnes conscientes d’être diminuées par les rayonnements après de longues recherches logiques.
Entretenir la confusion entre les phobiques et les sujets qui croient que les ondes les rendent malades, avec les personnes conscientes d’être diminuées par les ondes après de longues recherches logiques retarde l’action publique, aggrave l’errance médicale et des situations individuelles, concourt aux erreurs de diagnostic et aux psychiatrisations abusives, contribue à l’émergence de nouveaux cas évitables.
SOMMAIRE
© Pierre Dubochet, ing. radio
toxicologie des RNI
conflit d'intérêts : aucun avec cet article
16 décembre 2025
Sans dosimétrie, l’étude du comportement est biaisée
L’exposition peut entraîner des perturbations du psychisme selon différentes sources[24] [25] [26] [27] et l’OMS,[28] raison pour laquelle cette dernière note l’importance de la dosimétrie.[29] En l’absence d’indications sur la dose individuelle de rayonnements reçue durant les mois précédents la participation à l’essai de Pitron et ses collègues, les chercheurs ignoreront si les perturbations du psychisme sont sans objet ou si elles peuvent découler de déséquilibres physiologiques engendrés par l’exposition chronique.
L’absence de dosimétrie limite la capacité de tirer des conclusions sur les individus se déclarant affectés par les rayonnements. Sans dosimétrie, ce protocole d’un essai contrôlé randomisé à l’hôpital Hôtel-Dieu à Paris répandra des opinions sur les individus conscients d’être diminués par les rayonnements après de longues recherches logiques, bien que cette catégorie soit difficilement identifiable et selon toute vraisemblance en faible proportion par rapport aux autres participants.
Il n’existe ni test biologique ni questionnaire permettant de réunir un ensemble de critères offrant un diagnostic valide de l’état de faible tolérance au rayonnement. Les résultats sont dès lors ni fiables ni applicables.
La partie descriptive du psychisme des personnes atteintes faite par Pitron et ses collègues repose sur une perception incomplète de l’exposition des humains aux rayonnements. La littérature prouve depuis les années 1930 que l’exposition aux ondes est à même d’altérer la personnalité de certains sujets, en modifiant des taux de divers neurotransmetteurs, d’antioxydants, d’oligoéléments. L’exposition à des rayonnements peut provoquer troubles cognitifs, tendance dépressive, émotivité, troubles du comportement. Les évaluations neurocomportementales et cognitives dans ces situations sont particulièrement complexes. Lees-Haley a établi en 1995 que des lésions toxiques rendent les évaluations neurocomportementales incertaines. «Les hypothèses et méthodes d’investigation habituelles utilisées en pratique clinique peuvent induire en erreur et soulever des questions de validité».[30]
Les réponses des participants à l’étude Pitron alimentent des bases de données. En raison de l’absence d’explorations de problématiques plus profondes et plus complexes, elles feront croire tôt ou tard à de fausses associations sur les individus conscients d’être diminués par les rayonnements après de longues recherches logiques, suggéreront des traitements au mieux inefficaces, au pire aggravants. Alors qu’assainissement électromagnétique et réduction de la dose ont fait leurs preuves.
Mettre à jour des croyances
Pitron et ses collègues s’intéressent à la mise à jour des croyances. «Un événement indésirable est présenté aux participants, qui doivent estimer la probabilité qu’il leur arrive, puis qu’il arrive à une autre personne dans une situation similaire. La probabilité réelle leur est ensuite communiquée, si elle est inférieure à leur estimation initiale, c’est une bonne nouvelle; si elle est supérieure, c’est une mauvaise nouvelle. Les participants sont alors invités à réévaluer la probabilité». Un tel cadre n’a aucune réalité avec le vécu d’une personne diminuée par les rayonnements, évoluant au fil de mois et plus souvent au fil d’années en pressentiment, en probabilité, puis en cause au-delà de tout doute raisonnable, le tout par raisonnement en logique formelle.
Ces patients seraient en de meilleures mains auprès de spécialistes de médecine environnementale ou autres spécialistes qualifiés. S’il existe un désordre, il est du devoir du personnel médical de «rechercher les causes de son apparition».[31]
Quand la chimie du corps est trop altérée, quelle qu’en soit la cause, nous ressentons des symptômes. La conscience peut percevoir un déséquilibre, par exemple les réactions physiologiques d’une infection bactérienne. L’apoptose (mort cellulaire) et les dégâts oxydatifs provoqués par un niveau d’ondes à long terme trop élevé pour l’organisme pourraient devenir perceptibles. La récolte d’informations pertinentes par les nocicepteurs et autres récepteurs internes, mais aussi sur l’environnement extérieur, servent à coordonner au mieux des processus physiologiques complexes.
Psychologie et ondes, 25 ans de questions pièges
Les chercheurs de l’étude Pitron estiment devoir s’intéresser à «l’anxiété liée aux changements climatiques» des patients. Thème sans lien aucun avec les conséquences des rayonnements.
Les questionnaires sur la psychologie des individus se disant diminués par les rayonnements révèlent trop souvent les croyances subjectives des auteurs, leur incapacité à cerner la situation des patients, leur volonté d’infliger à ces derniers une étiquette de troubles psychiques. Le questionnaire remis à une femme surexposée par son métier à un champ magnétique à 50 Hz demandait: «Avez-vous souvent séché les cours ? Vos parents sont-ils divorcés ? Aimez-vous votre travail ? Votre mari croit-il en vous ? Que pensez-vous de l’Union européenne ?» Lisant des réponses sans lien avec la situation environnementale de la patiente, le médecin se laisse abuser. Voit un signe de dépression. Obligée à retourner à son poste, luttant de toutes ces forces contre les symptômes, un jour l’employée s’effondre.
Les questionnaires sur la psychologie des individus se disant diminués par les rayonnements révèlent trop souvent les croyances subjectives des auteurs, leur incapacité à cerner la situation des patients, leur volonté d’infliger à ces derniers une étiquette de troubles psychiques.
Prendre conscience d’un déséquilibre peut être salutaire: faire changer de comportement. Une faible tolérance aux rayonnements est susceptible de faciliter la venue de symptômes. Par ordre approximatif de probabilité: maux de tête, fatigue, déficit de concentration et d’attention, insomnie, vertiges, troubles de la mémoire immédiate, acouphènes, tendance dépressive. Les perceptions physiologiques aident à construire les processus d’évitement destinés à prévenir la répétition d’un dommage. La stratégie d’évitement sert à réduire la fréquence ou l’amplitude des symptômes.
Au-delà de tout doute raisonnable, la réduction de la dose de rayonnements reçue —par diminution de l’intensité ou réduction de la durée d’exposition— offre les meilleures possibilités de récupération de l’organisme[24]32][33][45] produisant un excès de toxines sous électrosmog. Dans la mesure du possible, cette réduction de la dose reçue passe par un assainissement des équipements à proximité de la personne, assainissement consistant, avec des personnes qualifiées, à éloigner les sources fortement ou extrêmement significatives ou à procéder à des blindages électromagnétiques.
Des personnes à faible tolérance électromagnétique soumises à l’influence de psychologues convaincants risquent de compromettre leur physiologie en abandonnant leurs stratégies protectrices. Elles pourraient voir leur qualité de vie et leurs capacités fonctionnelles se dégrader à terme. Le risque de développer une maladie chronique à long terme pourrait accroître.
Troubles anxieux et dépression: «tendances alarmantes»
En 2007, Apple livre son «iPhone» à l’interface utilisateur totalement inédite et ses fonctionnalités de navigation sur le web.[34] Le iPhone de 2011 introduit une caméra frontale pour les appels vidéo. L’année suivante, le mobile d'Apple filme en haute résolution (HD1080p). La concurrence s’adapte, faisant s’envoler le nombre de smartphones vendus dans le monde: cinq fois plus en 2016 qu’en 2010.[35]
En parallèle viennent les designs addictifs des sites internet, notamment des réseaux sociaux et les algorithmes addictifs du capitalisme de surveillance. Facebook lance le bouton «j’aime» en 2009 et devient en juin 2011 le site le plus visité du web.[36] YouTube reçoit 17 fois plus d’heures de vidéo entre 2010 et 2015.[37] Ce sont surtout les jeunes qui sont séduits. Avec leur téléphone mobile, les abonnés suisses de moins de 30 ans ont consommé en 2024 en moyenne 3,75 fois le volume de données des abonnés de plus de 60 ans.[38] Les Français de 15 à 24 ans ont surfé chaque jour 3h34 sur leur mobile en janvier 2024.[39]
Selon d’autres statistiques, un tiers des 14-19 ans sont concernés par des troubles anxieux et la dépression en Suisse.[40] En 2020, 22% des Suisses se sentaient «(un peu) malade» ou «pas complètement en bonne santé», ils sont 35% en 2024. En 2024, 28% des individus interrogés déclarent une tendance dépressive, 23% des angoisses, 68% souffrent d’épuisement et de fatigue.[41] À peu près deux fois et demie plus de jeunes âgés de 18 à 35 ans que de seniors de plus de 65 ans se sentent dans un état émotionnel et psychologique «variable» ou «mauvais». Mona Nilsson et Lennart Hardell[42] notent l’augmentation inquiétante du trouble cognitif léger, subjectif, chez les patients suédois âgés de 5 à 19 ans. Révélatoire: stable entre 2001 et 2010 avec environ 0,5 enfant sur 100’000, il s’élève régulièrement depuis 2011 pour atteindre plus de 51 en 2024 (cliquez pour agrandir le graphique tiré de l’étude Nilsson et Hardell).
Nilsson et Hardell notent également que les consultations pour les troubles de la mémoire des Norvégiens âgés de 5 à 19 ans ont été multiplié par 8,5 entre 2006 et 2024. La progression des troubles cognitifs chez les jeunes gagne l’Occident. Aux États-Unis, 9,7% des moins de quarante ans déclarent souffrir de troubles cognitifs en 2023, soit 4,6% de plus qu’en 2013, alors que les plus de 70 ans passent de 7,3 à 6,6%.[43]
En dépit de liens de causalité clairs, la convergence des indices rend difficile d’écarter l’influence des technologies sans fil sur la détérioration de la santé constatée. Quelle que soit la source à l’origine d’une baisse perçue de la santé, il est judicieux de se préserver de toute pollution électromagnétique superflue. Nier, par exemple, que l’exposition aux ondes d’un téléphone mobile puisse causer des symptômes pourrait empêcher certains de voir le lien causal le plus plausible dans leur cas.
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La confusion avec les phobiques est nuisible aux personnes à faible tolérance d’ondes
Pitron et ses collègues écrivent: «Pour les personnes présentant une hypersensibilité électromagnétique, nous utiliserons l’échelle de sensibilité aux champs électromagnétiques (EMFSS). L’EMFSS est un questionnaire de 11 items permettant d’évaluer l’électrohypersensibilité». Cette évaluation des participants n’est pas un diagnostic valide. Sans informations sur les doses de rayonnements reçues, il est impossible de déterminer si les réponses proviennent d’une personne affectée par des expositions ou un répondant phobique sans, ou avec, exposition invalidante antérieure, ou encore d’un individu souffrant de symptômes médicalement inexpliqués qui les attribue aux ondes. Par conséquent, les conclusions ne sont pas fiables.
Les individus conscients d’être diminués par les rayonnements présentent en général un savoir supérieur à la moyenne et une bonne résistance au stress, ce qui leur permet de poursuivre des activités même dans des environnements toxiques. Les sujets anxieux tendent à avoir un niveau de formation inférieur. [44][46] Ils sont plus à même à s’inscrire à ce protocole d’un essai contrôlé randomisé à l’Hôpital Hôtel-Dieu à Paris; les individus plus instruits auront décelé des biais. Les auteurs vont rassembler des données avant tout sur des personnes phobiques et sur des individus souffrant de symptômes médicalement inexpliqués qui les attribuent aux ondes, mais la publication sera utilisée également pour caractériser les personnes conscientes d’être diminuées par les rayonnements après de longues recherches logiques.
Selon une analyse rationnelle de la littérature disponible, le protocole de cet essai contrôlé randomisé à l’Hôpital Hôtel-Dieu à Paris apparaît biaisé en raison d’une attention excessive des auteurs portée sur des caractéristiques d’informations non pertinentes. Il y a des indications que l’effort de recherche de Pitron et ses collègues s’est contenté d’aller jusqu’à l’obtention des données qui leur semblent les plus adaptées et de ne pas soumettre à l’examen d’autres données à même d’infirmer leur croyance. Un manque de formation adéquate des auteurs du protocole d’essai pourrait être à l’origine de ces méprises. Les résultats de l’essai, malgré de nombreux biais, contribueront à la publication de données erronées.
Ma recommandation
Pitron et ses collègues confondent les sujets phobiques aux ondes, les sujets souffrant de symptômes médicalement inexpliqués qui les attribuent aux ondes, avec les personnes conscientes d’être diminuées par les rayonnements après de longues recherches logiques.
Il y a des indications que Pitron et ses collègues, croyant à une cause psychique lorsque des symptômes somatiques fonctionnels sont médicalement inexpliqués, sont tombés dans un biais de perception qui leur fait rendre des déductions arbitraires.
Aucun profil distinct de déficit comportemental ne peut être mis en évidence à partir de données obtenues sur des patients diminués par les rayonnements. Aucun profil distinct de déficit comportemental de sujets phobiques aux rayonnements ou attribuant aux ondes leurs symptômes médicalement inexpliqués ne peut aider à comprendre les patients conscients d’être diminués par les rayonnements après de longues recherches logiques.
L’usage de protocoles erronés, l’absence de dosage de rayonnements des participants, l’abstraction faite d’éventuelles lésions toxiques impactant le psychisme, l’incertitude des évaluations neurocomportementales qui s’en suivent, le petit nombre de participants, l’incertitude de la sélection des sujets vont mener à des conclusions biaisées.
Ma recommandation: ne pas participer, interrompre votre participation sans justification comme vous en avez le droit, en signalant votre opposition expresse à l’utilisation des données vous concernant et en faisant valoir votre droit à l’effacement.
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Ces publications complèteront utilement votre savoir :
Références
24: Erwin Schliephake „Arbeitsergebnisse auf dem Kurzwellengebiet“ (Vortrag in der Berliner Medizinischen Gesellschaft am 15.6.1932) [Résultats des travaux dans le domaine des ondes courtes (conférence à la Société médicale de Berlin le 15 juin 1932)], Deutsche Medizinische Wochenschrift, no 32, 5. august 1932.
25: Dwyer M.J., Leeper D.B. ”A Current Literature Report on the Carcinogenic Properties of Ionizing and Nonionizing Radiation”. DHEW Publication (NIOSH), 1978, p.78–134.
26: Lerner E.J. ”RF radiation: biological effects”. IEEE Spectrum 17, 1980, 51–59.
27: Reeves G.I. «Review of extensive workups of 34 patients overexposed to radiofrequency radiation». Aviat Space Environ. Med. 71, 2000, 206–215.
28: Compilation de Michael J. Suess «La protection contre les rayonnements non ionisants», publications régionales série européenne no 10, Organisation mondiale de la santé (OMS), Bureau régional de l’Europe, Copenhague, 1985, p. 144.
29: Fréquences radioélectriques et hyperfréquences, 16e cahier de la série Critères d’hygiène de l’environnement, OMS, 1981, p. 16, 118.
30: Lees-Haley, P. R. 1995. Neurobehavioral assessment in toxic injury evaluations. Toxicology Letters 82-83:197-202.
31: Luis Miro «Action des radiofréquences chez l’homme, observations cliniques de mécaniciens radaristes, 1959, et tableau clinique des effets spécifiques observés chez l’homme, journée thématique du 25 janvier 1991 à l’IBRNI».
32: Hagstrom M, Auranen J, Ekman R. “Electromagnetic hypersensitive Finns: symptoms, perceived sources and treatments”, a questionnaire study. Pathophysiology 2013;20(2):117-22.
33: Hagstrom M, Auranen J, Johansson O, Ekman R. “Reducing electromagnetic irradiation and fields alleviates experienced health hazards of VDU work”. Pathophysiology 2012;19(2):81-7.
41: Sotomo «Comment allez-vous ? Comment la Suisse gère la maladie et la santé», l’étude sur la santé pour la CSS, 2024.
42: Mona Nilsson, Lennart Hardell «Increasing Numbers of Children Aged 5-19 Years with Memory Problems in Sweden and Norway», Archives of Clinical and Biomedical Research. 9 (2025): 431-439.
43: Ka-Ho Wong, Christopher D. Anderson, Cecilia Peterson, Erin Bouldin, Lauren Littig, Neeharika Krothapalli, Trieste Francis, Yvonne Kim, Giselle Cucufate, Jonathan Rosand, Kevin Navin Sheth and Adam de Havenon «Rising Cognitive Disability as a Public Health Concern Among US Adults Trends From the Behavioral Risk Factor Surveillance System, 2013–2023» Neurology, V. 105 N. 8 October 21, 2025.
45: Abelin T. E. S., Krebs, Th., Pfluger, D. H., von Kanel, J., Blattmann, R. “Study of health effects of Shortwave Transmitter Station of Schwarzenburg, Berne, Switzerland». University of Berne, Institute for Adey, W. R. Horizons in Science; Physical Regulation of Social and Preventative Medicine, 1995.
